Baby Jane à Broadway est le premier roman d’Ahava Soraruff, paru aux éditions Charleston en ce début octobre. On y découvre le personnage de Tess, ancienne danseuse qui souffre d’agoraphobie et partageons son quotidien, rythmé par des tocs et des petites manies destinées à la rassurer, jusqu’à ce qu’une audition la pousse à vouloir remonter sur les planches.  Ce récit aux antipodes de mes habitudes de lectrice d’imaginaire, a pourtant su me séduire et s’est hissé sans mal dans mes coups de cœur 2018.  

Fiche technique  

Titre : Baby Jane à Broadway  
Auteur : Ahava Soraruff
Éditeur : Charleston
Date de sortie : 9 octobre 2018
Résumé :  En 1988, Andrew Lloyd Webber triomphe à New-York avec Le Fantôme de l’Opéra, tandis que Tess, ex-danseuse souffrant d’agoraphobie depuis un incendie meurtrier auquel elle a réchappé deux ans plus tôt, vit recluse dans un quartier de Brooklyn.
Lorsque Peter Halsey monte une nouvelle compagnie, à deux pas du Majestés Theater, Tess se dit que c’est un signe du destin et qu’il est temps pour elle de surmonter ses angoisses. Seulement, elle n’avait pas prévu de se reconvertir en danseuse de cabaret burlesque… 

Chronique

Par sa forme, le roman est très agréable à lire. En choisissant une narration croisée, alternant entre passé et présent, Ahava Soraruff parvient à insuffler à son texte une dynamique qui ne s’épuise pas. L’écriture est mature, directe, ne s’encombre pas de faux-semblant, tout en restant suffisamment incisive pour dépeindre avec justesse les personnages et leur intériorité.  Un atout qui se retrouve dans la vivacité des descriptions, puisqu’en quelques mots, l’auteure parvient à dépeindre avec précision les rues de new-york et l’atmosphère si particulière des cabarets. Un point important car la force de ce roman se trouve dans son ambiance, qui confère au texte une grande vraisemblance.  

Les protagonistes ne sont pas en reste, puisque Tess se révèle très intéressante. Elle est l’incarnation du personnage fort, non pas de façon creuse, mais par l’énergie qu’elle déploie à dépaisser ses failles et ses peurs.  Assurément, son agoraphobie influence son rapport aux autres, au monde, et permet ainsi de la caractériser. Pour autant, elle ne se limite pas à cet aspect et ne cesse d’évoluer au long du récit, de se construire, sans que l’auteure ne bascule dans les stéréotypes. Un aspect que l’on retrouve chez d’autres personnages, comme celui de Peter parvient à bousculer nos attentes.  

Enfin, le rapport entre les protagonistes est particulièrement soigné. Ahava Sorarruf insuffle de la vie à la troupe de cabaret burelesque. Si certains personnages sont plus esquissés que d’autres, tous paraissent authentiques, avec leurs failles, leurs attentes, voire leur imperfections.  

En s’inscrivant dans les thématiques de Broadway et des cabarets, Ahava prenait le risque de s’enfermer dans certains stéréotypes. Or, par son personnage principal atypique, autant que par l’angle choisi pour livrer le récit, elle cultive l’originalité de son roman. L’amour y est présent en filigrane, sans prendre toute la place, laissant ainsi aux personnages le soin de s’exprimer et d’évoluer. Le texte s’éloigne des archétypes et des  éléments implicitement attendus en jouant avec les codes romantiques. En cela Baby Jane à Broadway pourra dérouter certain(e)s. Toutefois, son traitement complexe des personnages, les nombreuses références au fantôme de l’opéra et aux années 80, et enfin sa façon de se réapproprier les codes de la romance en font une oeuvre novatrice.

Pour conclure en quelques mots  

Avec Baby Jane à Broadway, Ahava Soraruff nous entraine dans l’univers des cabarets newyorkaiss des années 80 criant de vérité. Un cadre rétro qui donne au récit sa force et son originalité. Ce roman se démarque par la voix de ses personnages, et leur authenticité. 

 

Pour en apprendre un peu plus, rendez-vous le 01 novembre à 17h  pour découvrir l’interview d’Ahava Sorarruf sur ce site !

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