Je remercie les éditions ActuSF pour m’avoir permis de découvrir Écarlate, de Philippe Auribeau, en service presse.

Fiche technique

Titre : Écarlate

Auteur : Philippe Auribeau

Éditeur : ActuSF

Genre : Thriller fantastique

Date de sortie : 20 mars 2020

Résumé : Providence, 1931. Une troupe de théâtre est sauvagement assassinée alors qu’elle travaillait à l’adaptation du roman La Lettre écarlate. Si la piste d’un ancien anarchiste italien semble évidente pour la police locale, l’équipe fédérale de Thomas Jefferson flaire des raisons bien plus obscures. Une ombre plane sur ce meurtre… et sur ceux qui mènent l’enquête.

Mon avis

Ce thriller fantastique a pour toile de fond les États-Unis de 1930. À Providence, les membres d’une troupe de théâtre qui répétaient La Lettre écarlate de l’auteur Nathaniel Hawthorne sont tués. Seule une jeune femme échappe à ce crime sordide, mais reste malheureusement incapable de communiquer.

Thomas Jefferson, en tant qu’agent fédéral, est dépêché pour enquêter . Il est secondé par son chauffeur Caleb Beauford ainsi que la détective Diane Crane.

Tout juste arrivée sur la scène de crime, la police locale sert un coupable tout désigné, le gardien du théâtre, mystérieusement porté disparu depuis le meurtre. Pourtant, Jefferson n’est pas convaincu par cette piste.

Débute alors une enquête tortueuse et dangereuse, qui fera basculer les protagonistes dans l’horreur. Si l’ouvrage est estampillé fantastique, il n’y en a en réalité que des touches légères, le roman étant traité comme un polar noir classique, jouant cependant efficacement avec les incertitudes et la peur du le lecteur, jusqu’au dénouement final.

 Le cadre historique, très soigneusement retranscrit, participe à créer une atmosphère lourde, dérangeante, rendant le récit à la fois inquiétant, et terriblement addictif.

Dans ce contexte de prohibition et de racisme, les personnages principaux ressortent du lot, puisque Jefferson, un riche blanc, est accompagné par Caleb, qui est noir, ainsi que Diane, jeune femme détective. Le trio fonctionne, est cohérent, et participe à l’originalité du titre.

Pourtant, j’ai regretté que certains personnages, notamment les secondaires, se limitent à quelques traits marquants, et ne soient pas davantage travaillés. L’on trouve ainsi l’archétype de l’enquêteur grognon, ou des mafieux sans grande subtilité.

Le style d’écriture est sec, assez dépouillé, mais s’accorde au propos et au rythme de l’histoire. L’auteur parvient à ménager ses enjeux, et à conserver notre intérêt. Les descriptions efficaces, et fluides, permettent de bien planter le décor.

Enfin, j’ai particulièrement aimé la densité du livre. Cette qualité se retrouve dans son intrigue, mais aussi dans le portrait peint des années 1930 aux États-Unis, et enfin à travers les nombreuses références littéraires présente (à l’auteur Hawthorne ou encore Lovecraft), qui apportent de la véracité au titre.

En conclusion

Je conseillerai ce livre à tous les amateurs de thriller, qu’ils aient, ou non, déjà goûté au fantastique ou à une œuvre des auteurs cités plus hauts. C’est un roman haletant, bien ficelé, et inquiétant, qui joue parfaitement son rôle.