La mère de Simon est le dernier roman d’Aurore Bègue. J’avais eu la chance de découvrir son premier roman, Treize, un texte poignant sur l’adolescence et la famille, et n’ai donc pas hésité à chroniquer celui-ci. La couverture, énigmatique, n’a fait que renforcer cette envie.

Fiche technique

Titre : La mère de Simon

Auteur : Aurore Bègue

Date de sortie : 25 juin 2019

Caractéristiques : Format kindle, EPUB, papier

Résumé :

Suzanne, onze ans, a deux principales occupations : lire, et tenir la longue liste des amants de sa mère.
Lorsqu’un jour d’hiver, de nouveaux voisins emménagent dans la maison d’à côté, Suzanne se sent immédiatement attirée par Simon, garçon blond et sage de son âge, et plus encore par Claire, qui incarne l’idéal maternel dont elle est privée.
Mais l’envie est un sentiment destructeur, et voler, même des miettes d’amour, ne peut que mal se terminer.
Quel avenir attend Suzanne ?
Malgré son intelligence, est-elle condamnée à faire les mauvais choix ?

Mon avis

Dès le début, le résumé très bien pensé donne le ton. Nous suivons l’histoire de Suzanne et de sa mère démissionnaire. Outre son habitude de tenir la liste des amants de sa mère, la jeune fille se démarque par son amour dévorant pour la lecture, qui est pour elle un véritable exutoire. À onze ans déjà, elle apparaît dotée d’une grande lucidité et d’une force rare si bien qu’on est immédiatement tenté de s’y identifier, non pas par pitié, mais par sympathie.

L’autrice parvient à retracer ses pensées et émotions avec justesse, grâce à une écriture à la fois sensible et crue, lorsque cela est nécessaire.

S’il existe des archétypes forts, celui de la mère démissionnaire s’opposant à la mère (idéale) de Simon par exemple, les personnages restent cohérents et travaillés tout au long du récit. L’accent et mis sur leur intériorité et leur psychologie, ce qui donne du corps au récit.

Aurore Bègue parvient à aborder des thématiques dures avec justesse, sans céder à un apitoiement qui affaiblirait le propos.

Le fait que l’histoire se déroule sur plusieurs années nous présente une toile contrastée et riche de l’existence de Suzanne. Cela permet au personnage d’évoluer, et renforce l’intrigue.

Enfin, dès les premières pages, il plane sur ce récit un malaise palpable. Nous sentons se nouer un drame auquel on ne mesure pas encore l’ampleur. C’est là toute la force de l’autrice, de sublimer le triste, le sombre, le laid,  tout en laissant poindre des notes d’espoirs.

Si mon avis est bref, c’est parce que ce texte puissant que j’ai dévoré en une après-midi est un tel coup de poing que je ne veux pas trop en révéler. Amateur de textes forts, contemporains ou psychologiques, je vous invite à le commander au plus tôt !  

 

 

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