Grace aux éditions ActuSF, j’ai eu le plaisir de découvrir Le dernier chant d’Orphée dans un nouvel écrin ! Un grand merci à eux ! Voici mon retour :

Fiche technique

Titre : Le Dernier chant d’Orphée

Auteur : Robert SILVERBERG

Édition : Hélios

Date de publication : avril 2019 –

Le plaisir du mythe

Nous ne présentons plus le mythe d’Orphée ! Ce demi-dieu, maître de la musique, qui perdit par deux fois son aimée ! La première, lorsque Eurydice mourut, la seconde, lorsqu’il tenta de la ramener des enfers en vain.

Robert Silverberg nous propose ici de redécouvrir ce mythe, tout en abordant plus généralement la vie d’Orphée, ainsi que les grands évènements mythologiques auxquels ce dernier a pris part. En cela, Le Dernier chant d’Orphée est une lecture agréable puisqu’elle sait rester claire et accessible tout en gardant une dimension poétique. L’écriture est fluide, agréable, le rythme maîtrisé, ce qui en fait un récit tout à fait indiqué pour ceux qui souhaiteraient connaître les aventures d’Orphée. Enfin, le traitement des thématiques du cycle et de la fatalité  donne au récit une forte dimension symbolique que j’ai particulièrement appréciée.

Malgré tout, les lecteurs plus avertis sur le sujet pourront ressentir une pointe de déception, puisqu’ici, l’auteur suit fidèlement le mythe, n’y apportant rien de réellement nouveau. On regrettera d’ailleurs qu’il ne se soit pas risqué à une interprétation plus personnelle.

Une forme qui ne convainc pas

Dans Le dernier chant d’Orphée, Robert Silverberg donne voix à Orphée qui nous raconte son histoire, tel un narrateur au coin du feu ! Un choix qui a attisé ma curiosité lors de la réception de ce service presse. Malheureusement, il en découle un récit trop récitatif, qui donne la sensation d’un enchainement d’actions, tenant le lecteur à distance des faits et des émotions. Alors que la double perte d’Eurydice est une tragédie, on ne ressent que peu la passion puis le désespoir d’Orphée, lorsque cette dernière meurt. À titre d’exemple, le passage où Orphée prête main-forte à Jason dans sa quête de la toison d’or présente le même écueil. Si l’on se réjouit de découvrir cette scène mythologique, on ne retrouve pas la vigueur et le souffle épique qui devrait être de mise. Une approche, qui, en définitive, nous laisse une sensation d’inachevée.

En conclusion

Si je me suis replongée avec plaisir dans le mythe d’Orphée, j’ai regretté que Robert Silverberg ne s’éloigne pas davantage du mythe et n’apporte que peu de valeur ajoutée. Malgré ce retour demi-teinte, j’ai néanmoins apprécié ma lecture et ai trouvé plaisante la présence de l’interview de l’auteur en fin de texte.

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