FICHE TECHNIQUE

Titre : Les audacieuses
Auteur : Ahava Soraruff
Éditeur : City éditions
Date de sortie : 28 février 2019
Résumé : Les copains, les fêtes étudiantes et les travaux que l’on termine au petit matin… À l’université, Bérénice, Tennessee et Zola étaient inséparables. C’était le temps de l’insouciance, des espoirs et d’un avenir plein de promesses. Pour « les audacieuses », tout paraissait possible. Une décennie plus tard, la réalité de la vie est passée par là. Ont-elles trouvé le bonheur qu’elles espéraient tant ? Tennessee vit avec un homme violent qu’elle ne parvient pas à quitter. Bérénice et Zola, quant à elles, ne se sont jamais revues. Dix ans plus tôt, à l’université, un événement les a séparées. Un drame dont elles n’ont jamais reparlé et qui les a éloignées. Pourtant, pour aider Tennessee, les amies sont de nouveau réunies. En dépit du passé, l’heure est venue de se réconcilier, de pardonner et peut-être, enfin, de trouver le courage de vivre pleinement…

Présentation

Aujourd’hui, est paru Les audacieuses, second roman d’Ahava Soraruff, aux éditions City. Une occasion pour moi de vous faire un retour de lecture, puisque j’ai eu la chance de découvrir cet ouvrage en service presse !
Ayant fortement apprécié le premier roman de l’autrice, Baby Jane à Broadway, j’avais hâte de découvrir ce petit dernier, et je n’ai pas été déçue !

En quelques mots, (et parce que le résumé est à mon sens suffisamment éloquent), nous suivons le quotidien de Tennessee, Zola et Bérénice. Le texte alterne entre leur scolarité à l’université dans les années 1970 aux États-Unis et leur vie d’adulte, dix ans plus tard.

Liées par une amitié tumultueuse, les trois jeunes femmes créent un cercle nommé Les audacieuses, au travers duquel elles se lancent des défis. Leur objectif ? Faire preuve d’audace, pour avoir une vie meilleure, et sans regret.
Mais les secrets et les failles qui jalonnent leurs vies vont bien évidemment compliquer les choses.

L’écriture : entre épure et dynamisme

L’écriture des Audacieuse est tout en épure et en (apparente) simplicité. La manière de mêler passages narratifs et récits de pensées autant que la structure de phrases, donnent du corps au récit. Tout au long du texte, la lecture reste plaisante puisque le rythme est maitrisé, percutant, jamais lisse, et l’autrice a assurément le sens de la formule.

La plume d’Ahava Soraruff s’adapte au ton des personnages, épousant leur colère, leur naïveté, leur culture, ce qui la rend variée et plaisante.  Enfin, l’usage des paroles rapportées confère également aux dialogues un caractère vif qui ne ralentit pas l’intrigue.

Si je suis d’ordinaire adepte des longues descriptions au vocabulaire ampoulé, j’ai été séduite par la manière dont Ahava articulait ses descriptions. Quelques termes succins, toujours bien choisis lui suffisent pour dépeindre une ambiance et un lieu, avec une grande efficacité. Nous ressentons l’atmosphère d’un campus américain des années 70, autant que l’animation d’un parc d’attraction en bord de mer.

Seul petit bémol, s’il fallait en trouver, la présence de quelques répétitions qui n’entravent cependant pas le plaisir de la lecture.

Les personnages, Points forts du récit

Le trio formé par Tennessee, Zola, et Bérénice est marquant par sa complexité. Ahava est parvenue à construire des protagonistes fortes, qui se démarques les unes des autres par un comportement, une motivation, et un vécu qui leur est propre. Pour autant, aucune ne tombe dans le stéréotype du « trait de caractère unique » (un personnage qui est uniquement drôle, par exemple) et toutes font preuves d’authenticité.

Au-delà de leurs personnalités, Zola, Bérénice et Tennessee se révèlent à travers leurs relations au sein du groupe.  Le trio est très bien retranscrit. On y retrouve les tensions, les non-dits, les instants de complicités propres à chaque amitié, ce qui, là encore, participe à la cohérence et à la profondeur du texte.

En dépit de la place qu’ils occupent, les personnages secondaires sont eux aussi très travaillés. Ces derniers savent marquer le lecteur et ne se limitent pas un rôle utilitaire dans l’intrigue. Je pense plus précisément au personnage de Worstward, professeure énigmatique, qui suscite autant de fascination que de haine chez ses étudiantes.

Les « Audacieuses » nous bousculent par leurs capacités à évoluer et à se (re)construire. On devine, dans leur progression et leur intériorité, une grande réflexion menée au fil de l’écriture, ce qui les rend plus authentique encore.

Une intrigue qui n’est pas en reste

Dans Les audacieuses, le trio d’amies prend beaucoup de place, si bien, que la richesse de l’intrigue ne nous apparaît pas tout de suite. Celle-ci se dévoile, pudiquement, d’un saut temporel à l’autre, de pages en pages, et sait ménager ses surprises.

Il me serait difficile d’illustrer mes propos sans révéler des éléments clefs, je dirai donc simplement que l’histoire nous présente une tranche de vie, ou plutôt, des tranches de vies. Celles-ci, sont passionnées, brisées, malmenées, ternes parfois, du moins en apparence, mais toutes sonnent justes. Enfin, à aucun moment Ahava Soraruff ne materne ses lecteurs, elle laisse une grande place à l’interprétation et sait ménager ses silence ce qui rend la lecture très agréable.

Pour finir…

Avec Les audacieuses, son second roman, Ahava Soraruff ne démérite pas et nous présente un récit ambitieux, servi par des personnages complexes et authentiques. L’alternance judicieuse entre les évènements  passés et présents participe au dynamisme d’une intrigue où rien n’est laissé au hasard. Ahava Soraruff maitrise son texte tout en sachant se faire oublier. En conclusion,  je conseille cette lecture audacieuse qui n’a pas volé son titre ! 😉

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