Envoyer son roman aux maisons d’édition est une étape assez effrayante lorsqu’on s’y penche pour la première fois.

Pour l’aborder de façon sereine, deux mots clefs : renseignements et organisation.
Prendre son élan, c’est bien, mais il faut éviter de se lancer sans avoir balisé le terrain. Soumettre son manuscrit à l’état brut, au petit bonheur la chance, n’attire en général que les refus.
Comme toujours, ne vous alarmez pas, je vais dresser un portrait assez dur de ces envois, car les faits sont là, être édité (par une bonne maison d’édition) est difficile. Pour autant, la chose n’est pas impossible, chaque année, beaucoup de jeunes auteurs y parviennent.

Depuis le mois de janvier, j’ai la chance de faire un stage en tant qu’assistante d’édition et de m’occuper du service manuscrit. Durant mon travail, je vois passer quantité de romans qui sont écartés, car les auteurs les envoient sans prendre en compte la ligne éditoriale, ou sans les corriger. J’ai donc décidé d’écrire cet article pour vous aiguiller un peu durant la manœuvre. Une fois encore, il ne s’agit pas pour moi de présenter une recette miracle, mais bien de vous aider à y voir plus clair. Le but n’est pas de vous démotiver, mais bien de vous préparer. Des refus, il y en aura, et c’est bien normal. J’y consacrerai d’ailleurs le prochain article du blog.

Présenter un manuscrit corrigé :

Je n’arrête pas de le dire : envoyer son roman aux éditeurs demande de la préparation. Dans les faits, qu’est-ce que cela implique ? Tout d’abord d’envoyer un roman nettoyé de toute faute. Attention, je vous vois venir avec vos quinze relectures en solitaire. Sachez qu’un auteur n’est pas le mieux placé pour se corriger, tout simplement parce qu’à force de relire, vos yeux passent sur les fautes sans les remarquer.
Notez qu’il n’y a pas que les corrections orthographiques et syntaxiques à faire. Il faut aussi prendre en compte la cohérence de l’univers et de l’histoire, les répétitions, le rythme, la construction des personnages… Et pour cela, il peut être utile d’avoir un regard extérieur sur votre texte. Si possible, trouvez-vous un ou plusieurs autres relecteurs, qui pourront vous relire.
Point important, laissez-passer du temps. Non, pas un jour, pas deux mais plusieurs semaines ou plusieurs mois s’il le faut. Oui, je sais, une fois le premier jet fini, on a qu’une envie, boucler le texte le plus rapidement possible. Mais, à titre d’exemple, j’ai réécrit mon roman contemporain six mois après avoir fini la première correction, et c’est bien la première fois que j’ai eu un regard si aiguisé sur mon travail. Le fait de connaître le texte couplé au fait d’avoir pris du recul m’a permis de finir la réécriture beaucoup plus efficacement.
N’hésitez pas à chercher vos propres méthodes. Certains auteurs corrigent au fur et à mesure quand d’autres relisent d’un seul bloc. Vous aurez peut-être besoin d’imprimer votre texte pour y voir plus clair ? D’annoter directement dessus ? C’est à vous de voir.

Sélectionner les éditeurs suivant la ligne éditoriale :

Voilà, vous êtes prêts à envoyer votre roman. Maintenant, il vous faut partir à la chasse à l’éditeur. Les délais de réponses étant relativement longs, il est franchement conseillé d’envoyer votre roman à plusieurs éditeurs en même temps. Mais attention, cela ne veut pas dire qu’il vous faut envoyer à n’importe qui et n’importe comment. C’est le meilleur moyen pour recevoir une pelletée de refus type qui fera perdre du temps et de l’énergie (autant à vous qu’à l’éditeur).
Car oui, la ligne éditoriale n’est pas seulement un joli prétexte pour refuser un manuscrit. Elle définit les manuscrits dont le genre, la taille, et parfois le thème, correspondent à ce que publie la maison d’édition. Évitez donc d’adresser un roman de SF à un éditeur spécialisé dans le polar, ou n’acceptant pas les genres de l’imaginaire. Ça tombe sous le sens, et pourtant je continue de recevoir des textes qui n’ont absolument rien à voir avec ce que publie l’éditeur chez qui je fais mon stage.
Cette ligne éditoriale, comment la connaître ? Elle est souvent indiquée sur le site de l’éditeur. En revanche, lorsque celle-ci n’apparaît pas clairement, c’est à vous de regarder le catalogue de la maison, pour voir si votre roman pourrait correspondre. N’oubliez pas que vous allez peut-être céder vos droits à l’éditeur, il est donc important de vous renseigner sur ce que propose la maison d’édition.
Si vous ne connaissez pas d’éditeur, une phase de recherche s’impose. La principale méthode consiste à aller voir libraires ou les livres en magasin pour établir des listes. Cela est pratique puisqu’on peut ainsi savoir si elles sont présentes sur le marché, et donc, bien diffusées. Mais à l’heure d’internet, il existe également quantité de forums qui regroupent ce genre d’informations. On peut aussi trouver des listes de maisons d’édition classées par genre, ou par noms. Dès lors, il n’appartient qu’à vous de vous renseigner sur chaque maison d’édition pour voir si elle correspond à votre projet.

Faire la différence entre compte d’éditeur ou d’auteur

N’oubliez pas une chose : à aucun moment il ne faut PAYER pour être édité. C’est à l’éditeur de vous rémunérer, pas l’inverse. Vous lui cédez les droits de votre travail, ce qui n’est pas gratuit.
Ne confondez pas les éditeurs à compte d’édition (qui prennent en charge la correction, la couverture, la promo et ne demandent pas à l’auteur de payer pour ça) et les comptes d’auteurs qui demandent des milliers (oui des milliers) pour une simple publication sans correction ni promotion.

Comment envoyer son roman ?

Dans la mesure où tous les éditeurs n’ont pas le même délai de réponse, je vous conseille de faire un tableau avec le nom, le type d’envoi souhaité (synopsis, roman, ou les deux) la date à laquelle le manuscrit est parti, et les délais de réponse. De cette manière, vous pourrez savoir où vous en êtes.
Une fois cela fait, il vous faut connaître les demandes de chaque éditeur. Certains ne veulent qu’un synopsis, d’autres souhaitent le roman entier, ou quelques chapitres… À vous de faire en fonction de chacun.
Ne pas oublier que beaucoup d’éditeurs veulent une mise en page particulière à laquelle il vous faudra vous conformer.
Si rien n’est précisé, partez sur du Time new roman, taille 12, interligne 2, avec des marges importantes si c’est un envoi papier pour que l’éditeur puisse annoter au besoin.
Pensez également à imprimer uniquement au recto et pas recto verso.

Rédiger la lettre d’accompagnement

Lorsque vous envoyez votre roman, pensez à joindre la lettre d’accompagnement, bête noire des écrivains qui est pourtant indispensable. Elle permet à l’éditeur, ou au comité de voir en quelques lignes si votre roman entre dans la fameuse ligne éditoriale. On doit pouvoir y trouver :
. Une présentation rapide, qui rassemble vos infos importantes et votre bibliographie (inutile de raconter sa vie)
. Une présentation de son roman, c’est-à-dire : son genre, sa taille qui se compte en nombre de signes espaces comprises, s’il appartient à une série….
. Un court résumé de celui-ci.
. Expliquez en quelques mots pourquoi vous avez choisi cette maison d’édition.
. Ne pas oublier les formules de politesse (bandes d’impolis).

Certains éditeurs demanderont également un synopsis de votre roman, vous devrez alors présenter le début, la fin, l’intrigue et les perso principaux. ATTENTION : n’oubliez pas d’indiquer votre nom et vos coordonnés en première page du roman, et sur la lettre d’accompagnement.

Pour les envois par mail, n’oubliez pas que vous vous adressez à une personne. Présenter en quelques mots ce que l’on envoie est très apprécié par les éditeurs. Ce sont des êtres humains pas des ordinateurs. Pensez aussi à faire attention au format qui est demandé, certains acceptent des fichiers en PDF, d’autres demandent du DOC. Si vous ne respectez par le format, vous rendez votre roman difficilement lisible par le comité.

Voilà, j’espère que cet article vous aura permis d’y voir un peu plus clair. Envoyer son roman n’est pas facile, c’est vrai. Mais gardez en tête que souvent, ce qui nous retient, c’est la peur. Et elle n’a pas lieu d’être si vous vous préparez convenablement. Alors, lancez vous !

Si jamais une chose m’a échappé, n’hésitez pas à m’en faire part par commentaire ou dans l’espace « contact ». Un prochain article sur les refus des éditeurs arrivera bientôt. En attendant, je vous souhaite bon courage pour vos aventures éditoriales.

Leave a Reply