Vous avez achevé votre roman et souhaitez le soumettre à un éditeur ? Déjà, bravo. Réjouissez-vous, c’est une belle étape de franchie ! Car si la perspective de l’édition est appréciable, flatte l’égo, et permet d’être lu, le cœur de votre travail, lui, reste l’écriture. Alors, ne laissez pas les angoisses de la quête éditoriale vous voler ce plaisir.

Ça y est ? Vous avez sabré le champagne, pleuré un peu (de joie ou de chagrin) en disant au revoir à vos personnages, relus pour la 199e fois votre texte, alors vous êtes prêt. Mais par où commencer ?

Vous vous en doutez, le sujet est vaste. Aussi, avant toute chose, je vous renvoie à mon premier article sur le sujet, qui date certes de 2015, mais qui permet de poser les bases.

J’ai décidé de l’actualiser aujourd’hui, m’étant, depuis, de nombreuses fois prêtée à l’exercice. Il est donc possible que certains éléments se répètent.

Ne brûlez pas les étapes

Avant d’envisager tout envoi,  assurez-vous d’avoir un manuscrit…

. Corrigé (par des bêtas lecteurs tiers, ou des lecteurs inconnus qui auront un autre regard sur le texte, et traquerons plus efficacement les fautes et les incohérences)

.correctement mis en page… C’est-à-dire, avec des espaces insécables, vos chapitres débutants sur une nouvelle page, et avec vos dialogues présentés dans les règles de l’art. Pour en savoir plus, je vous renvoie à cet article.

Vérifiez bien que vous visez des maisons à compte d’éditeur

Au cours de vos recherches, vous entendrez peut-être dire qu’il faut payer, pour être édité. C’est entièrement faux. Et c’est même l’inverse ! C’est à l’éditeur de vous rémunérer pour votre travail, en vous versant un à-valoir ainsi que des droits d’auteurs (un certain pourcentage reversé pour chaque livre vendu, généralement, celui-ci varie de 8% à 10%).  Prudence donc, ne tombez dans le piège de maison à compte d’auteur qui vous demande des sommes astronomiques pour imprimer votre livre, ou exige que vous achetiez un certain nombre d’exemplaires de votre poche. Lorsque vous cédez vos droits à un éditeur, c’est à lui d’assurer toutes les charges relatives à l’édition et à la promotion de votre manuscrit. Vous signez avec lui un contrat qui vous engage, de part et d’autre, (vous à livrer un manuscrit libre de droits, et lui, à l’éditer). J’ai publié, à ce sujet, un article sur Madmoizelle.

Organisez-vos envois

Pour préparer vos envois, il vous fait une liste d’éditeurs à contacter. Vous pouvez la bâtir en faisant une petite étude de terrain, en librairie, bibliothèque, ou en furetant sur le net, par exemple. Le forum des Jeunes Écrivains est une mine d’or en la matière.

Une fois que vous avez sélectionné les maisons susceptibles d’être intéressées par votre texte, je vous conseille de dresser un tableau. En effet, vous allez être amenés à effectuer un certain nombre de soumissions, via différents biais (la poste, par formulaire internet, ou encore par email.)  Pour ne pas perdre le fil, notez  les informations suivantes : Nom de la maison d’édition – Type d’envoi demandé – Date d’envoi – Délai indiqué – Accusé de réception / Réponse.

 Vous pourrez le remplir au fur et à mesure, et ainsi toujours savoir où vous en êtes.

Concernant l’organisation des envois, prévoyez plusieurs vagues d’envois en fonction des délais indiqués. Privilégiez également vos maisons coups de cœur. De cette manière, vous leur donnez la priorité et pourrez signer en toute quiétude si un « oui » se présente.

Personnellement, je débute toujours par les plus grandes structures, qui ont les délais le plus importants. Puis, au fil des réponses, je procède à d’autres vagues d’envois, en ciblant cette fois-ci des maisons avec un délai de réponse plus rapide.

Faites plusieurs soumissions simultanées…

Le monde de l’édition est lent. Très lent. Vous vous apercevrez vite qu’auteur et éditeur ne partagent pas le même espace-temps, et qu’un délai de réponse qualifié de « rapide », peut avoisiner les six mois. En effet, les délais de réponse varient généralement de 3 à 6 mois (allant jusqu’à un an dans certaines structures comme Bragelonne). N’attendez pas une réponse d’un éditeur pour soumettre votre manuscrit à un autre. Le plus souvent, les éditeurs répondent par refus type, ou encore, refus par silence, ce qui revient à attendre dans le vide. Partez du principe qu’envoyer un roman, c’est comme chercher à décrocher un entretien d’embauche. Vous devrez sonner à plusieurs portes et faire des soumissions simultanées. C’est normal, et les éditeurs n’en prendront pas ombrage.

… Mais ciblez vos envois.

Une amie autrice disait l’autre jour qu’envoyer son roman, c’est comme se faire tatouer. Sauter le pas est difficile, mais lorsqu’on a commencé, impossible de s’arrêter. Vous verrez qu’une fois l’étape franchie, il vous sera difficile de ne plus fureter dans les librairies, ou sur les sites des maisons d’éditions à la recherche d’un nouvel envoi à faire. Les premiers temps, vous risquez même d’être tentés d’envoyer un peu n’importe où, au petit bonheur la chance, en particulier si les soumissions sont ouvertes par mail (raison pour laquelle certaines M.E ne demandent que des envois postaux).

Ne le faites pas. Même si vous vous dites que sur un malentendu… Non. Il n’y a pas de malentendu. Pas plus que de manuscrit accepté uniquement sur un coup de chance. Inutile d’envoyer aux plus d’éditeurs possibles, en se disant que la quantité augmente les probabilités d’un oui. C’est une perte de temps, et pour vous, et pour l’éditeur.

Pour avoir travaillé en tant qu’assistante éditoriale, et trié un grand nombre de manuscrits qui n’avaient aucun rapport avec la ligne éditoriale, pourtant clairement énoncée sur le site de l’éditeur, je vous le dis, cela ne fonctionne pas.

Ce qui fonctionne, en revanche, c’est de bien cibler ses envois. En prenant en considération les genres publiés par la maison, mais aussi les thèmes de prédilection de son catalogue, le ton de ses auteurs, etc. (les éditions de minuit, par exemple, sont connues pour privilégier un style très épuré). En d’autres termes, étudiez cette fameuse ligne éditoriale dont on nous rebat les oreilles. Un éditeur défend une identité qui lui est propre, il n’acceptera pas un manuscrit qui n’y correspond pas, et ce, peu importe sa qualité.

Alors n’hésitez pas à lire les livres publiés chez les M.E que vous visez, ou à questionner des libraires.

Respectez les modalités d’envois

Certains éditeurs ont des attentes spécifiques, concernant le mode d’envoi (par mail, par la poste, ou encore par formulaire sur leur site) et la présentation de votre manuscrit.

Pour éviter des bourdes je vous conseille de vous renseigner directement sur leur site web, il y a généralement une rubrique « soumission » « envoyer un manuscrit » ou encore « nous contacter » où tout est indiqué.

Si rien n’est mentionné, procédez de la sorte :  indiquez en première page vos coordonnées, le titre, le genre, et le nombre de signes du roman, et respectez la mise en page suivante : police time new roman taille 12 (pas de police fantasie ou originales), interligne double.

Pour les envois par email, privilégiez le format docx ou PDF.

Pour les envois courriers, imprimez votre exemplaire au recto seulement (si sa taille le permet) et adressez le en envoi simple (surtout pas de recommandé, les éditeurs n’apprécient pas).

Préparez l’envoi de votre roman

Votre manuscrit ne sera pas le seul élément que vous adresserez aux éditeurs. Il s’accompagnera, presque à chaque fois, d’une lettre d’accompagnement (justement), ou encore d’un synopsis détaillé, et d’une biographie. Ne négligez aucun de ces éléments, ils peuvent jouer un grand rôle dans l’étude de votre soumission.

Là encore, pour connaître les attentes des éditeurs, rendez-vous sur leur site internet.

Si rien n’est précisé, alors, vous pouvez simplement leur adresser un courrier / email avec votre roman, vos coordonnés, et votre lettre d’accompagnement (dont je parle en détail plus bas).

Un conseil, toutefois : ne cédez pas aux sirènes de l’envoi type.

Lorsque vous envoyez des candidatures ou des CV, vous évitez les mails types copier-coller qui sont impersonnels, et jouent en votre défaveur lors des premiers tries des soumissions. Ici, c’est la même chose.

Pour les envois numériques, évitez à tout prix les emails vides, ne contenant que votre manuscrit. Je vous conseille de toujours vous présenter et de présenter succinctement votre manuscrit en corps de mail.

Vous pouvez également dire en deux mots la raison pour laquelle vous vous adressez à cet éditeur précis (premier contact lors d’un salon, recommandation, correspondance ligne édito…)

Prenez garde à ce que ce premier contact ne soit pas qu’un simple copier/coller de votre lettre d’accompagnement. Cette dernière doit apporter des informations complémentaires.

Soignez le synopsis et la lettre d’accompagnement

J’ai déjà abordé ces deux derniers points dans mon article de 2015 sur le sujet. Je vous y renvoie, pour éviter de faire redite. Notez simplement que comme une lettre de motivation, la lettre d’accompagnement doit être (au moins un peu) personnalisée en fonction des maisons que vous contacterez. J’ai pour ma part un fichier où je conserve le squelette de ma lettre d’accompagnement, que je décline ensuite en plusieurs versions.

Autres ressources utiles

C’est déjà la fin de cet article V2. J’espère qu’il vous aura été utile. Je vous glisse ici des compléments d’information et vous renouvelle mes encouragements. Si vous avez des questions, vous pouvez me contacter par email, ou sur mes autres réseaux sociaux, l’espace commentaire devrait être rétabli sous peu.

N’hésitez pas à me suivre sur Instagram, où je livre partage régulièrement les coulisses de ma quête éditoriale.