Je vous retrouve aujourd’hui pour la seconde partie de l’interview de Blandine P. Martin. la semaine dernière, nous avions parlé du choix de l’auto-édition et de la façon dont ce dernier avait positivement impacté l’écriture de Blandine. Aujourd’hui, place à ses mécanismes d’écriture !

L’espoir au cœur de l’écriture

 La romance est ton genre de prédilection. S’est-t-il imposé au fil des projets ou bien est-ce une volonté de ta part de t’y consacrer, pour transmettre par exemple un message particulier ?  

Mes romans sont des one-shots et des sagas de romance, mais je varie les sous-genres : comédie romantique, romance feel good, romance suspense, romance paranormale, romance historique… 

Ma constance, c’est l’amour.  

En revanche, effectivement, chacun d’entre eux, quelque soit le sous-genre, véhicule des messages clairs d’espoir, de résilience et de tolérance. 

L’idée, c’est que l’on peut se relever de tout. C’est ce que démontrent mes personnages, qu’importe l’histoire, parce que je tiens à transmettre quelque chose de plus forts que de simples mots aux lecteurs, une véritable expérience, et peut-être des réponses à leurs questions personnelles. L’espoir, c’est la réponse à beaucoup de maux. 

Crédit : Blandine P. Martin

La routine d’écriture de Blandine P. Martin

Tu évoques souvent ta passion pour la musique. Quelle place occupe-t-elle dans ton procédé créatif ?

La musique est omniprésente dans ma vie il ne se passe pas un jour sans que j’écoute des morceaux qui m’inspirent. 

Je suis une fan de folk et de rock, mes préférences pouvant s’étaler des années soixante à nos jours. 

Depuis que j’ai trouvé ma routine d’écriture, dont la musique fait intégralement partie, je suis devenue dépendante d’elle : je suis incapable d’écrire sans musique !  J’ai essayé lors d’un long voyage en train, le résultat fut clair : j’ai dû m’acheter un lecteur mp3… 

Pour chaque roman, je me crée une playlist en accord avec l’univers, et je la passe en boucle durant toute la phase d’écriture. 

Justement, que peux-tu nous dire de ta routine créative ?  

C’est ce qui m’aide à me canaliser, d’autant que j’ai toujours eu de gros soucis de concentration. Je dois trouver des astuces. 

La musique est mon point de départ. Je dois également couper les distractions : exit les réseaux sociaux, sinon, je n’avance pas ! 

J’ai deux ordinateurs : un gros de bureau très puissant, et un portable vieux comme le monde qui ne sait pas faire deux choses à la fois. J’utilise le second pour écrire, ça limite les tentations ! 

Je m’installe dans une autre pièce que le bureau, si je peux voir l’extérieur c’est encore mieux, je trouve cela plus inspirant. 

Je peux écrire comme ça pendant des heures, une journée entière, parfois, avec juste quelques pauses gourmandes.  

Pour ceux qui connaissent les soucis de distraction, et n’ont pas de vieil ordinateur qui rame, je vous suggère de vous renseigner sur le logiciel Cold Turkey Writer : il existe une version gratuite. Ce petit programme bloque tout sur votre ordinateur hormis l’interface d’écriture durant un laps de temps déterminé à l’avance, plus le choix ensuite !   

Source : Page Facebook

Blandine P. Martin, autrice prolifique

Il suffit de se promener un peu sur ton site pour réaliser à quel point ta bibliographie est riche. Tu es l’autrice des Wild Crows, une saga à suspense de 5 tomes mettant en scène des bikers, mais également des Passeurs de Lumière, une trilogie de romance paradoxale, et enfin, de près d’une dizaine d’œuvres explorant les genres de l’imaginaire de la romance et du feel-good.

Au-delà du travail que cela représente, comment fais-tu pour jongler avec un si grand nombre de textes, sans jamais perdre le rythme ?  

Mon rythme d’écriture est intense, mais plusieurs raisons expliquent cela : 

– depuis deux ans, mon activité de romancière est devenue mon métier, je peux donc y consacrer plus de temps, ce qui augmente ma vitesse d’écriture. 

Avant de commencer à écrire, je passe 2-3 mois à tout préparer dans ma tête, je réalise des fiches de personnages, un plan en 3 actes, je connais parfaitement les grandes lignes de l’histoire, etc : quand je commence à écrire, je sais où je vais, donc cela peut aller très vite !  

– Pour le nombre d’univers explorés, on reste sur de la romance, seuls les sous-genres varient : mon moteur reste les émotions fortes, l’amour, et les valeurs positives de la vie. Ça ne me dérange donc pas de jongler entre réalisme et fantastique, si l’amour mène la danse. Au contraire, alterner entre les codes des deux univers permets un renouveau pour mon esprit, et s’avère assez récréatif.  

– Je garde ce rythme car il me convient pour le moment, je pense ralentir un peu à compter de l’année prochaine. Enfin, je disais déjà ça l’an passé, et finalement, j’ai tellement besoin d’écrire que je ne parviens pas à rester assez loin de mon clavier très longtemps… C’est une passion dévorante. Quand je commence un texte, je le vis complètement durant toute l’écriture. J’y pense constamment. Il m’obsède, et je dois le mener à bout. 

Les Passeurs de lumière – Blandine P. Martin

À l’occasion du 14 février est sorti le troisième et dernier tome de ton roman Les passeurs de lumière. Comment vis-tu le point final de cette série ? Plus globalement, n’est-ce pas complexe de se plonger dans de nouvelles histoires après avoir passé tant de temps auprès de tes personnages ? As-tu déjà d’autres projets en cours ? 

C’est assez étrange puisqu’il s’agit de la réédition de la toute première saga que j’ai écrite. J’ai récupéré mes droits dessus en août 2019 et j’ai donc replongé dans mes premiers pas de romancières pour reprendre un peu le tout. 

Aïe ! Ce fut complexe ! En 6 ans et 18 sorties, ma plume a trouvé sa griffe, mon style s’est fluidifié, affirmé. Le contraire serait inquiétant, le cas est le même pour chaque auteur. On évolue. Relire ce que l’on a écrit des années auparavant, ça fait un choc. C’est efficace pour réaliser le chemin parcouru, mais le travail à fournir pour faire du texte en question quelque chose dont je puisse être fière semblait énorme !  

Et puis, la nostalgie était de mise. On s’attache à nos personnages, alors les premiers ont quelque chose de spécial.  

Des projets, j’en ai plein la tête, tellement que je tente de limiter les choses. Une vingtaine d’écrits sont en file d’attente dans mon imaginaire, j’attends d’avoir le temps nécessaire pour les faire vivre. La pile à écrire se remplie constamment, plus vite qu’elle ne se vide. 

j’ai déjà calé mes plannings de sorties 2020, 2021 et 2022. Et j’ai encore en tête des projets pour 3 ou 4 ans d’avance. Sans compter que régulièrement, des rêves, des gestes, des rencontres m’apporteront de nouvelles vagues d’idées. 

Source : Page Facebook

Le défi de vivre de sa plume

Aujourd’hui, la situation des auteurs, sur le plan financier et administratif reste malheureusement précaire. Entre le début de ton parcours et aujourd’hui, comment as-tu trouvé ton équilibre ?

Oui, la situation des auteurs s’avère très précaire… pour ce qui est de l’édition traditionnelle. je crois surtout que ce modèle a besoin d’une mise à jour… il n’est plus viable tel quel : on ne peut pas décemment faire fonctionner une chaîne d’intervenant en omettant presque au passage celui qui permet à cette chaîne d’exister… 

C’est aussi l’une des raisons de l’explosion de l’autoédition ces dernières années. trop d’auteurs en ont assez de fournir un travail aussi colossal pour des pâquerettes. On s’entend, les fleurs, c’est très joli, mais comme tout un chacun, il nous faut vivre. Qui travaillerait pour si peu ? Pas grand monde. Oui, l’écriture, les livres, touchent au domaine artistique. Il n’empêche que ce sont des produits artistiques et que l’écriture est un métier qui mérite salaire, comme toute profession. Le travail va bien au-delà de la simple écriture (qui déjà, en soit, n’est pas quelque chose d’anodin). 

De nombreux auteurs au préalable édités en maisons se tournent vers l’indépendance en prenant conscience du fait que nous sommes de plus en plus nombreux à vivre de nos livres, de cette manière. 

J’ai pu trouver mon équilibre parce que j’ai travaillé dur pour : ça n’arrive pas en un jour, ça prend beaucoup de temps, et ça implique un travail de professionnalisation intense. 

Je vis désormais confortablement de ma plume, plus que je ne le faisais avec mon emploi salarié. Je me lève chaque matin pour faire ce que j’aime et ça n’a pas de prix. Mais pour y parvenir, je me forme non-stop depuis deux ans au fil de masterclass, je me documente énormément, j’apprends chaque jour des les divers domaines qui m’incombent désormais : communication, promotion, édition, etc. 

La motivation sur le long terme reste la clé. La différence se creuse entre ceux qui ne baissent jamais les bras, et ceux qui abandonne au premier échec. 

Certains dénigrent ce statut en s’imaginant que vivre de sa plume instaure une pression contre productive et malsaine. 

Faux. Pas dans mon cas, c’est certain. J’ai toujours eu le même rythme d’écriture, avant d’en vivre ou maintenant. Rien ne change. Je crois assez fort en ce que je fais pour que tout se déroule bien. 

Voir le verre à moitié plein, c’est l’assurance de beaux jours devant nous 😉 .

Avant de partir…

  Nous arrivons à la fin de cette interview et je ne peux m’empêcher de poser ma question phare : peux-tu me citer un plaisir de l’écriture ?

Le plaisir de rêver. 

Écrire, c’est vivre un milliards de vie, expérimenter un million de possibilités. Le tout, sans bouger de chez soi.  

J’espère que cette interview vous a plu. N’hésitez pas à retrouver les autres en cliquant ici.