Bonjour Christelle ! Merci d’avoir accepté de répondre à cette interview ! Tu es une auteure, podcasteuse et Youtubeuse qui a fait le choix de l’auto édition. Sur internet, tu partages beaucoup autour de l’écriture et de tes romans, aussi ai-je eu envie de t’inviter pour parler plus généralement de créativité. Étant donné que tu as déjà couvert beaucoup de sujets, je vais tâcher d’éviter les questions les  plus convenues, mais n’hésite pas à prendre des libertés si tu le souhaites.

Pour commencer…

  • Comment gères-tu ces différents aspects de ton métier au quotidien ?

J’aime faire plein de choses différentes ! Je ne pense pas que je pourrais uniquement écrire, c’était mon rêve avant, ça ne l’est plus maintenant. J’adore tourner une vidéo, puis enchaîner sur un conseil éditorial, avant d’enregistrer un podcast et d’écrire à la nuit tombée. Toutes ces petites tâches font partie de mon « travail idéal » et me permettent au final de trouver un équilibre. Lorsqu’il m’arrive de douter sur mon manuscrit, je me focalise sur YouTube. Lorsque je suis en panne d’inspiration pour mes vidéos, je me consacre à mon podcast.

  • Tu te décris comme étant de nature introvertie, et aujourd’hui, tu guides et conseilles de nombreuses de personnes. Comment as-tu trouvé le courage et la confiance de le faire ?

Il faut savoir que j’ai peur de tout ou presque. Sortir dehors, aller dans un endroit inconnu, le bruit, les voitures, les gens… tout est source d’angoisse. Et forcément, montrer ma tête sur les réseaux sociaux et sur YouTube me terrorisait. Mais ce qui est pratique, c’est que vu que je crains tout, je suis habituée à me mettre des coups de pied aux fesses pour avancer. Dans ces moments-là, je suis assez intraitable avec moi-même, je fais taire la petite voix qui me dit que je ne vais pas y arriver, et je fonce dans le tas. C’est ce que j’ai fait pour YouTube. Pendant trois mois (de l’idée d’une chaîne jusqu’à la sortie de la première vidéo) je rejetais systématiquement toutes les pensées négatives qui m’atteignaient et je continuais coûte que coûte. Je fais encore ça à l’heure actuelle car je n’ai toujours pas confiance en moi !

Inspiration et idées

  • Tu écris dans des genres variés. Généralement,  qu’est-ce qui s’impose en premier lorsqu’une nouvelle idée de roman émerge  ? Comment sens-tu que cette idée est la bonne ? De même, comment te viennent tes idées de podcast ou de vidéo ?

Pour les romans c’est assez varié. Parfois c’est un concept (une ville soumise à une tradition macabre comme dans l’Expiation) ou un personnage (Joaline, une adolescente fantôme, dans Midnight). Pour décider si cette idée est exploitable, je la travaille pendant plusieurs jours, je la creuse. Si elle n’est pas assez « costaud » pour devenir un roman, je la mets de côté, mais si elle est prête, je m’y mets.

Pour les vidéos et les podcasts, je vois les sujets qui préoccupent les auteurs. Je suis très présente sur les réseaux sociaux, je regarde un peu partout, parle à beaucoup de monde, et ainsi, je vois quels sont les besoins et j’y réponds du mieux que je peux.

  • Tu disais, dans une de tes vidéos, que tu avais besoin de marcher en imaginant tes scènes. Outre le fait que j’ai beaucoup à cette anecdote dans laquelle je me reconnais, est-ce que la pratique d’un sport, ou d’une activité, favorise chez toi la créativité ?

Pas tellement non ! Le sport, c’est plus pour me vider la tête justement. Je suis quelqu’un qui intériorise beaucoup. Je rumine, réfléchis tout le temps, et parfois mon cerveau a besoin de se vider un peu. C’est à ça que me sert le sport !

Je ne fais pas vraiment d’activités, à part promener mon chien (ce qui n’est pas vraiment une activité !). J’ai toujours détesté les activités sportives, collectives, et je n’ai pas la patience de faire des activités créatives (oui, j’étais l’enfant chiant qui ne voulait RIEN faire !).

Vie d’auteure

  • Quelle est la chose que tu trouves le plus difficile dans l’écriture ?

La patience ! Je suis quelqu’un de très impatient dans la vie de tous les jours et devoir passer des mois sur le même projet est une véritable épreuve pour moi ! C’est pour ça que j’essaye d’écrire mes premiers jets en trois mois maximum sinon après je suis obligée de faire une pause de plusieurs semaines avant de m’y remettre.  

  • Et dans la vie d’écrivain ?

Attendre les premiers retours je pense. Je manque toujours de confiance en moi et lorsque je sors un roman, je n’en dors pas pendant plusieurs jours en attendant les avis des lecteurs. A chaque sortie de roman, c’est un peu une remise en question. Est-ce que les gens vont aimer ? Est-ce que mes lecteurs vont me suivre ? Est-ce qu’ils ne vont pas être déçus ? Tout ça me travaille beaucoup !

Confiance et comparaison

  • Sur internet, l’on voit de nombreux exemples de réussites et de succès, qui peuvent favoriser le syndrome de l’imposteur. Y as-tu déjà été exposée ? Comment  gères tu les passages à vide ?

Encore une fois, j’ai de la chance car je subis énormément de passages à vide, et ce depuis toujours. Je vais avoir trois semaines où je me sens bien, puis patatras, trois semaines où j’ai envie de tout abandonner. Puis, le moral revient et je suis de nouveau prête à conquérir des montagnes. J’ai vu que tout cela était très cyclique chez moi alors je me contente d’attendre que le moment passe, et je n’arrête pas de répéter que ça va bientôt aller mieux, comme toujours.

Concernant le syndrome de l’imposteur, je n’ai pas trop à me plaindre. Le seul moment où il me préoccupe, c’est lorsque je sors un roman et que j’ai peur que mes lecteurs disent : « Elle a écrit cette daube et après elle donne des conseils d’écriture ??? » J’essaye de ne pas regarder ce que font les autres, je me concentre sur ma propre voie. Elle ne ressemble à aucune autre (on a tous notre cheminement qui nous est personnel) et je suis sûre que tout va bien se passer.

Thèmes récurrents

  • Parlons un peu de tes romans.  À travers Lula et les monstres, l’Expiation, et Midnight, tu explores les genres du thriller et du fantastique. Y a-t-il malgré tout un thème récurrent dans ces textes ? Une figure de personnage qui revient souvent ? Que peux-tu nous en dire ?

Je crois que mes personnages se ressemblent un peu ! Ils sont tous sûrs d’eux en apparence mais cachent une grande fragilité. Ce sont des gens lambda, à qui il n’est censé rien arriver, qui ne font pas l’objet de prophétie et qui n’ont aucune compétence particulière, mais qui se retrouvent face à des événements qui les dépassent. Ils font alors tous preuve d’un courage qui me surprend parfois, et j’adore les accompagner pendant leur évolution.

Concernant le thème, je m’intéresse beaucoup à la mort et aux démons en ce moment ! J’ai écrit L’Expiation, Midnight, et mon projet actuel autour de cela. Mais j’ai maintenant l’impression d’avoir fait le tour de ce que je pouvais produire à ce sujet alors j’ai envie d’évoluer vers autre chose. Cet autre chose me prendra sans doute 2-3 livres également, et je passerai au suivant !

Ton rapport à la créativité

  • Quel rapport entretiens-tu avec la créativité, de façon générale ? L’acte créatif est-il difficile, source de stress, de questionnement, ou au contraire, une seconde nature pour toi ?

La créativité est naturelle chez moi, j’ai rêvé à des histoires toute ma vie et je n’arrive pas à comprendre comment fonctionnent les autres sans cela. J’ai toujours beaucoup d’idées et pouvoir créer toute la journée est une vraie chance ! Ce qui me pose le plus de problème, c’est la concrétisation de toute cette créativité, car comme je l’ai dit, je suis impatiente et ai du mal à tenir sur la longueur. C’est là que les questionnements arrivent, le stress aussi. Je me demande si je sais réellement écrire au moins cent fois pendant l’écriture d’un manuscrit, et me le demande encore lorsque je presse la touche « publier » sur Amazon. J’ai accepté que cela faisait partie du processus et essaye de réaliser un vrai travail sur moi-même pour mieux traverser ces phases.

Et pour finir…

  • Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

En ce moment, je travaille sur la réécriture d’un roman d’horreur et j’avoue avoir un peu de mal. J’ai eu un mois de janvier assez chargé et il m’est difficile d’accorder le temps nécessaire à tout ce travail. Je multiplie également les formations pour maîtriser les réseaux sociaux/site internet afin de proposer de nouveaux contenus aux auteurs. Et enfin, comme d’habitude, je m’occupe de mes vidéos YouTube et de mes autres contenus !

Vous pouvez retrouver Christelle sur son site, son Facebook, YouTube, ou Instagram 🙂