Nous recevons aujourd’hui Sylvain Tristan pour aborder son rapport à la créativité et parler de son premier roman jeunesse, Zéphyr et l’usine à rêves, paru aux éditions Gulf Stream en 2018.

Ecrire pour la jeunesse

Commençons par le commencement, comment Zephir et l’usine à rêves a-t-il vu le jour ?  Au sein d’un songe ? Suite à une séance de brainstorming acharnée ?

Je réponds toujours à cette question avec la plus grande franchise. Je ne m’en souviens plus ! Une chose est sûre, je suis fasciné depuis toujours par le mécanisme des rêves et le mystère qui les entoure. Et puis, je trouve que c’est une matière formidable pour inventer des histoires. J’aime beaucoup l’univers du cinéaste Michel Gondry ou encore des films comme Inception. Je ne sais plus comment cela est arrivé mais, un jour, je me suis posé cette question : et si les rêves étaient fabriqués ? Voila comment Zéphyr a pointé le bout de son petit nez.

Écrire pour des enfants laisse beaucoup de place à l’imagination et à la créativité. Est-ce pour cela que tu t’es tourné vers ce public ou ce choix s’est-il imposé de lui-même ?

Plusieurs raisons expliquent mon choix d’écrire pour la jeunesse.
Par goût et plaisir. Je suis moi-même un grand enfant et un incorrigible rêveur. J’adore la littérature jeunesse et je suis bien plus attiré par l’imaginaire que par le réalisme.

Par pragmatisme aussi. J’aimerai écrire pour les adultes tout en gardant mon univers loufoque et fantaisiste. Je suis notamment un inconditionnel de Boris Vian. Mais un livre pour adulte est bien plus long à écrire qu’un livre jeunesse. J’ai un travail salarié à plein temps, une petite tornade de six ans et un poisson rouge. Me dégager du temps pour écrire est ma plus grande problématique. Il me faudrait de longs mois pour écrire un roman adulte et aujourd’hui je n’en ai pas le courage.

Ecrire pour la jeunesse s’adapte donc mieux à ma vie. Mais promis, dès que je gagne des millions grâce à un best seller, je démissionne de mon travail et je m’atèle à mes projets adultes.

Mécanismes d’écriture

Comment s’est déroulée la phase d’écriture de ce premier roman ? As-tu rencontré des difficultés particulières ?

Zéphyr est mon premier roman publié mais mon deuxième manuscrit. Le premier n’avait pas trouvé preneur.

J’écris toujours de la même façon, une façon très structurée. Sur un carnet, je jette d’abord « l’idée de base » avec la technique du « et si » (note : technique notamment évoquée dans Ecriture, mémoire d’un métier de S.King) . « Et si les rêves étaient fabriqués », pour Zéphyr. Ensuite, j’ébauche les personnages, l’humour…, un plan et un chapitrage précis. Toujours sur un carnet. Une fois cette étape terminé, j’attaque la rédaction sur ordinateur. Toujours par chapitre et en deux jets. Bon j’avoue, je ne respecte pas toujours le plan. Les personnages et l’histoire finissent par vivre leur propre vie.

Sur Zéphyr, j’ai recommencé plusieurs fois les trois/quatre premiers chapitres. Je n’arrivais pas à trouver le bon ton. Une fois ce problème réglé, j’ai mis trois mois pour achever le roman

Il est de coutume de prétendre qu’un second roman est plus complexe à écrire. On perd nos illusions, on gagne parfois en exigence. Y a-t-il eu une évolution de tes mécanismes d’écriture entre ce premier roman et ce que tu as pu écrire par la suite ?

Sincèrement, je ne savais pas qu’il était coutume de dire qu’un second roman est plus dur à écrire. Au contraire, je trouve qu’il est plus facile d’écrire sur chaque nouveau projet. Mes mécanismes d’écriture sont bien rôdés et mon style s’est affirmé. J’écris plus vite, plus facilement et mon premier jet s’améliore nettement.

Quelles sont les étapes que tu redoutes le plus dans l’écriture ?

Il n’y a pas vraiment d’étapes que je redoute. Mon gros problème reste de me dégager du temps pour écrire.
Par contre, il y a des étapes que je préfère. Surtout le deuxième jet : trouver le mot adéquat, la bonne tournure, la juste symphonie d’une phrase. J’adore…

Fais-tu partie de ces auteurs superstitieux, qui ne s’éloignent pas de la routine, ou peux-tu écrire dans toute circonstance ?

J’écris toujours de la même façon et au même endroit. Sur mon canapé ! Même s’il est très usé, je m’y sens bien. Donc parfait pour écrire ! Et dans le silence surtout. Pas de musique pour moi. Ce n’est pas une question de superstition pour moi mais de confort.

Rapport à l’édition

Est-ce que le cap de l’édition a changé ton rapport à la créativité ? Abordes-tu l’écriture avec plus de crainte, de sérénité ?

L’édition n’a pas changé mon rapport à la créativité. Au contraire, elle ma donné confiance en moi et renforcé mes ambitions.
En revanche, j’ai découvert le travail des corrections éditoriales avec une deadline à respecter. Je m’en faisais une montagne mais cela s’est plutôt bien déroulé dans l’ensemble…

Une anecdote quand même. Zéphyr devait s’appeler Philou (l’acronyme de Paul Hubert Isidore Louis Octave Ulysse). Ma maison d’édition trouvait Philou trop « bébé » et a insisté pour Zéphyr. Au début, c’était le psychodrame ! Finalement, avec le temps et le recul, je trouve qu’ils ont eu raison.

D’ailleurs, sur quoi travailles-tu en ce moment ?  

J’ai achevé un texte court pour les 8 ans en novembre. Et là, je viens de reécrire pour la 325 672ième fois pour mon premier manuscrit… Je me fixe d’écrire un roman par an.

Et pour finir…

Y a-t-il un endroit où l’on peut te retrouver prochainement ? Un salon, une séance de dédicace, peut-être ?

La fin d’année a été chargée en événements : dédicaces, salons, interventions scolaires… J’étais encore dans une médiathèque en début de mois. Maintenant, je vais entrer dans une période calme avec beaucoup de moins de sollicitations. Et c’est normal car Zéphyr est sorti depuis un an. Il me faut de nouvelles publications pour continuer à vivre ces chouettes moments. J’espère pouvoir annoncer bientôt des bonnes nouvelles. Restez connectés…

Merci à toi, en espérant t’accueillir prochainement !
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Vous pouvez également suivre Sylvain Tristan sur sa page auteur.