Je remercie une fois encore chaleureusement les éditions ActuSF et Jérôme Vincent pour m’avoir permis de chroniquer Les Brigades du Steam, un roman à quatre mains atypique dont je vous parle aujourd’hui.

Présentation

Titre : Les Brigades du Steam

Auteurs : Cécile Duquenne et Étienne Bariller

Genre : Steampunk

Éditeur : ActuSF

Publication : 25 octobre – 19 euros

Résumé : 1910. Un mystérieux complot frappe la France en plein cœur.  Solange Chardon de Tonnerre, l’un des meilleurs éléments de la treizième Brigade mobile d’Aix-en-Provence, perd un ami et un bras. En convalescence dans une clinique secrète, elle doit affronter les fantômes du passé comme les assassins du présent. Auguste Genovesi, jeune recrue et nouveau coéquipier, se retrouve plongé avec elle dans une infernale course contre la montre… un véritable bras de fer entre la France et la Prusse.
L’honneur du pays et sa raison d’être sont en jeu. Heureusement, les deux agents peuvent compter sur les prodiges de la science pour affronter les manigances de l’ennemi, ainsi que sur le soutien du Tigre lui-même : Clemenceau… 

Mon avis :

Le Steampunk est pour moi un rivage peu connu et c’est davantage la curiosité, et l’envie de retrouver la plume de Cécile Duquenne qui ont motivé le choix de ce livre. Cela est toujours intéressant de découvrir une œuvre à quatre mains, il en résulte souvent une histoire originale et déroutante. Déroutante… C’est bien le mot qui s’impose, lorsque je repense aux brigades du Steam.

Un livre en dehors des codes

Dès les premières lignes, Les Brigades du Steam cassent les codes. Point de vapeur ni de départ sur les chapeaux de roues, non, les auteurs prennent le temps de poser l’intrigue, et c’est en douceur que l’on fait la connaissance des protagonistes, aussi attachants que variés. Si le rythme relativement lent de cette mise en place m’a demandé de faire preuve de persévérance, dans les premiers temps de ma lecture, cette mise en place n’en était pas moins utile pour nous faire comprendre le contexte et les enjeux du récit.

Un duo décapant  

En dépit de cette longue mise en place, le duo formé par Solange et Auguste, protagonistes aux tempéraments aussi marqués que divergents, capte l’intérêt. Nous pressentons très vite que leur association forcée donnera des étincelles, et nous demandons par quelle magie ces deux-là parviendront à s’entendre. Une formule efficace et bien exploitée ici, qui laisse malgré tout aux personnages suffisamment de place pour évoluer

Une teinte de réalisme

Les nombreux emprunts de cette histoire au réel renforcent sa cohérence et sa profondeur.  Le contexte historique est ainsi très bien amené et on s’amuse  à découvrir des personnages connus tels que George Clémenceau. De plus, le cadre rafraichissant et si bien retranscrit d’Aix en Provence, avec ses particularités culturelles et culinaires (dont la description met l’eau à la bouche !) donne au texte une note d’originalité bienvenue. Le tout semble réel, authentique, et les enjeux du récit n’en sont que plus forts.

La question du rythme

En dépit de personnages marquants, et d’une intrigue maitrisée, le roman souffre à mon sens de quelques problèmes de rythme, qui, sans gâcher la lecture, demanderont des efforts et de la persévérance. En effet, la courbe de progression de l’intrigue après une trop longue exposition s’emballe tout à coup. Si cette montée en puissance est appréciable, le texte aurait peut-être mérité un meilleur ajustement des scènes d’actions. De même, il m’a semblé que le style d’écriture, relativement saccadé, rend difficile l’immersion dans l’histoire. On a parfois l’impression d’être spectateur de ce qui se joue, et de rester ainsi en surface.

Une belle découverte

Les Brigades du Steam est une belle découverte, qui jouit d’une intrigue solide, de personnages hauts en couleur, et d’un humour à la fois présent et efficace. Il puise dans le Steampunk des touches d’originalité, tout en s’émancipant courageusement des codes. A recommander, donc !

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