Après s’être développé à l’étranger, le master création littéraire est finalement arrivé en France il y a quelques années. C’est encore une formation peu connue que j’ai eu la chance d’intégrer en 2015. Étant actuellement en stage de fin d’année de M2, j’ai décidé de revenir sur ce qu’elle peut apporter. Ce bilan concerne l’université Toulouse 2 Jean Jaurès où j’ai été étudiante. Il fait appel à mon propre point de vue.

Qu’est-ce que le master de création littéraire ?

Le master création littéraire était autrefois appelé métiers de l’écriture. Ses unités d’enseignements touchent à l’écriture et aux postes gravitant autour des mots. (Auteur, traducteur, rédacteur, scénariste, biographe…) Il s’agit d’une formation relativement jeune. Le programme et l’approche n’ont cessé d’évoluer et évolueront encore après mon départ, d’où l’intérêt de vous dresser un portait assez général.

Comment intégrer le master ?

La sélection de ce master se fait en M1. Une fois que vous êtes reçus, il n’y a pas de nouvelle sélection pour passer en M2. La seule condition étant bien sûr de valider sa première année. Cette fameuse sélection se fait en deux temps. Vous devez en premier lieu rendre un dossier de candidature. Il se compose d’un CV, d’une lettre de motivation, d’une fiche à remplir pour expliquer vos objectifs et attentes et enfin, d’un sujet de création. La deuxième étape est un entretien où l’on vous interrogera sur vos projets, votre motivation, vos connaissances littéraires. Heureusement, le suspens ne dure pas longtemps et vous recevrez le résultat par mail après peu de temps.

Bilan rapide du master 1 création littéraire

La première fois que j’ai entendu parler de ce master, il m’est apparu comme une véritable révélation. Ayant toujours pensé qu’il serait magique de pouvoir me focaliser sur les mots dans le cadre de mes études, il constituait pour moi la seule issue possible.  Vous retrouverez le descriptif détaillé de ma M1 dans un ancien article. Je vous laisse ici un bilan rapide :

— Les plus —

. J’ai eu l’occasion d’écrire et de progresser toute l’année et suis restée en contact avec ma passion.

. J’ai rencontré des gens formidables et échangé avec des professionnels du milieu du livre.

. Les cours étaient intéressants dans l’ensemble et me laissaient du temps libre pour mener des projets à côté.

. Le traditionnel mémoire étant remplacé par un devoir de création ou un stage, j’ai passé plusieurs semaines à écrire mon roman contemporain Ailleurs. Il est à ce jour le plus gros projet sur lequel j’ai travaillé.

— Les moins —

. Des unités de cours parfois peu en rapport avec ce que laissait entendre la brochure.

. Pas assez de cours d’écriture à proprement parlé et trop peu d’ateliers, entrainant des frustrations

. Quelques soucis d’emploi du temps dû au jeune âge du master.

. Pas assez d’accompagnement dans certaines matières

. Certains enseignements trop peu approfondis.

 

Année de Master 2

Arrivée en M2,  j’étais plus critique concernant la formation, mais également moins enclin aux désillusions. Plusieurs mois après, force est de constater que je ne regrette pas d’avoir continué. L’emploi du temps s’est partagé entre plusieurs cours. Si certains m’ont plus parlé que d’autres, aucun ne m’a laissé indifférent. En voici quelques uns :

Entretien avec des auteurs :

Nous avons participé au Banquet d’automne de Lagrasse et organisé des lectures de textes et des entretiens avec des auteurs. C’est ce qui nous a demandé le plus d’investissement et de travail, mais qui reste selon moi un véritable temps fort de ces deux années.

Atelier récit de vie :

Dans ces ateliers, nous nous sommes concentrés sur le travail des biographes dans le cadre des récits de vie. Cela fonctionnait par des travaux de groupe et demandait de savoir écouter l’autre, de se livrer également et de renouer avec une écriture intime, chose parfois difficile.

Cours de style :

Ce cours abordait des points techniques d’écriture. Il nous faisait réfléchir sur des questions comme « qu’est-ce que le style » ou encore « y a-t-il un mauvais style ? ». Le devoir à rendre était intéressant dans la mesure où l’on pouvait travailler sur notre propre écriture ou sur celle d’un autre en gardant un regard critique.

Cours sur la nouvelle :

Ce cours m’a permis de me réconcilier avec la nouvelle et de tester d’autres genres littéraires. Nous avons étudié l’histoire de la nouvelle avant d’en écrire une.

Cours d’écriture :

Je mets dans cette section tous les cours qui nous ont demandé d’écrire. Nous avons travaillé sur des scénarios, du théâtre et même sur des méthodes de réécriture. Je regrette malgré tout qu’il n’y a pas eu davantage d’atelier d’écriture à proprement parlé.

Point positif cependant, nous avions des présentations des métiers de l’écriture dans leur ensemble avec un tour d’horizon des formations proposées et des débouchés. Une unité d’enseignement était aussi centrée sur l’auteur et sur sa condition en France, ce qui est assez rare pour être souligné.

Stage ou création

Le second semestre était entièrement consacré à la création ou au stage. Ayant déjà opté pour la création l’an passé et voulant avoir un peu plus d’expérience, j’ai choisi le stage. C’est ainsi que j’ai réussi à décrocher un stage de six mois en maison d’édition. Il me permettra normalement de faire le pont avec ma prochaine formation puisque j’espère partir en master édition.

Débouchés

Ce master ouvre aux métiers de l’écriture tels que le journalisme, les postes de rédacteurs, ou encore les auteurs professionnels, même si ce statut est hélas précaire en France à l’heure actuelle. Il apporte également des compétences dans l’écriture de scénario par exemple ou encore permet de diriger des ateliers d’écriture pour ne citer que cela. Vous trouverez plus d’information par ici.

 

Bilan de cette formation

Comme pour le M1 il résidait des points perfectibles dans ce M2 mais je ne regrette absolument pas d’avoir choisi cette formation. Cela m’a permis de laisser plus de place à l’écriture, m’a donné les outils pour progresser et fut le théâtre de rencontres enrichissantes.
Cette fin d’année est une transition pour moi car je compte désormais partir en édition. Toutefois,  je suis ravie d’avoir fait les choses dans cet ordre, je souhaitais en effet m’investir dans ma passion et mûrir mon projet professionnel.
Ces deux ans ont marqué une étape capitale à la fois dans mon parcours d’étudiant mais aussi d’auteur puisque deux nouveaux romans ont vu le jour durant cette période, dont un déjà publié.

En CONCLUSION

Je sais que certains camarades n’ont pas le même ressenti que moi, mais je crois sincèrement qu’aucune formation n’est parfaite. Même si vous vous concentrez uniquement sur un domaine qui vous plaît, certaines matières vous parleront plus que d’autres selon l’enseignant ou le contenu du cours. Malgré quelques déceptions, j’y ai vraiment trouvé ce que j’espérais.

Ainsi, je conseille cette formation même s’il est important de mettre au clair deux choses selon moi :

La création littéraire ne fera pas de vous un écrivain. Elle vous donnera des bases, des outils que vous n’auriez peut-être pas eus en restant devant votre ordinateur. Mais ce sera à vous et à vous seul de vous perfectionner, de progresser, d’écrire.

De même, cette formation reste un master d’université. Comme tout master, il y aura d’autres cours qui vous prendront du temps et nécessiteront d’être évalués. Seul le second semestre de M2 est consacré à la création pure, ne vous attendez donc à écrire uniquement.

Si vous avez d’autres questions ou que vous avez suivi une formation semblable, n’hésitez pas à réagir.
Vous me retrouverez également sur ma page facebook
Plus d’information sur le master création littéraire ici

 

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