Je vous parle aujourd’hui de la nécessité de mettre en page son roman. Actuellement en stage en maiso d’édition, je reçois beaucoup de textes qui sont de simple copié/collé sur word, sans aucune mise en page. Or, un manuscrit qui n’est pas suffisamment lisible et aéré aura peu de chance de séduire.  Si un auteur n’a pas pris la peine de soigner son texte, pourquoi un éditeur s’y abimerait les yeux ? Une absence de mise en page nuit autant au roman qu’elle donne une image bâclée.

Voici quelques règles générales à suivre tout au long de l’écriture pour rendre la mise en page moins fastidieuse. (Histoire de ne pas  reprendre le texte ligne par ligne pour rajouter tous les alinéas manquants 😉 )

Les bases de la mise en page

Laissez les mots respirer. Changez de page à chaque nouveau chapitre. N’hésitez pas à passer à un autre paragraphe régulièrement sans oublier de faire un alinéa, et ne sautez une ligne qu’en cas de changement de lieu, de temporalité ou de point de vue. Ce dernier sert à marquer une rupture. Pour une séparation plus forte, vous pouvez opter pour un astérisque par exemple (qui indique une ellipse), mais n’en abusez pas. Point primordial : justifiez votre texte, cela évite les problèmes de mises en page et est plus agréable à l’œil.

Respectez la mise en page des dialogues

Un dialogue s’ouvre et se referme par des guillemets français, autrement dit, ceux-ci «  ».

Entre le moment où vous ouvrez et fermez le dialogue, il faut utiliser des tirets cadratins à chaque prise de parole. Ils ressemblent à cela :  — et sont réalisables par une série de manipulations  ctrl + alt + touche – moins du pavé numérique ou paramétrables selon votre logiciel de traitement de texte. Attention, les tirets qui précèdent chaque réplique ne doivent pas être ceux d’une liste à puces ( – ).

Certains éditeurs demandent simplement l’emploi de tiret cadratin dans les dialogues et pas de guillemets, mais dans ce cas ils le précisent (nous y reviendrons).

Enfin, faites attention à la ponctuation. Lorsqu’une particule narrative suit une phrase de dialogue, elle ne commence jamais par une majuscule. Exemple ici :

— Tu devrais rentrer, dit-il.

Et non pas :

— Tu devrais rentrer. Dit-il

N’oubliez pas non plus les alinéas dans vos dialogues, ils sont essentiels ! Et puisqu’on en parle, faisons le point sur cette notion :

Les alinéas

L’alinéa est le petit espacement qui va éviter que votre texte soit un seul et unique bloc compact. On le trouve devant chaque nouveau paragraphe et dans des dialogues comme dit plus haut. Sa présence facilite grandement la lecture et il est attendu dans tout texte respectant les règles de mise en page. L’alinéa, est comparable au clignotant, il n’est pas facultatif et pourtant peu de gens le mettent. Selon les traitements de texte, vous pouvez l’obtenir en réglant les paramètres des retraits et espacements, ou en appuyant sur la touche TAB.

La ponctuation

En français, il y a ce que l’on appelle un espace insécable avant et après certains signes de ponctuation. Dans la plupart des traitements de texte, si vous l’avez réglé par défaut sur langue française, ces espaces devraient s’inclure automatiquement dans votre document. Parfois, ce n’est pas le cas. Il est donc important de vérifier, en vous servant de la fonction « afficher tout » de Word. Vous pouvez aussi recourir à des logiciels de correction qui vont relever les espaces manquants comme Antidote. 

Majuscules et accents  

Il est nécessaire de mettre les accents sur les majuscules, comme pour le mot Écriture (seuls les sigles échappent à la règle). Sur certains traitements de texte, cela se fait automatiquement ou est suggéré par le correcteur. Mais il peut arriver qu’il faille ajouter manuellement un accent sur une majuscule. Il vous suffit de trouver les touches de votre clavier correspondant aux accents, une rapide recherche internet vous montrera les raccourcis.

Quand est-il judicieux d’utiliser des majuscules ? Eh bien, en vérité, peu de cas justifient le recours à une majuscule en dehors des débuts de phrase. Voici quelques exemples :

– Dans les noms d’organismes ou d’associations en français, on mettra de préférence une majuscule au premier mot, les mots suivants commençant par une minuscule.

– Lorsqu’il s’agit d’un titre de roman, il faudra également en mettre une (attention, il existe de nombreux cas particuliers, voir les liens en sources)

L’italique

L’italique s’emploie dans le cas où vous utilisez un mot latin ou étranger. Par exemple pour le terme a priori.

On le retrouve également lorsqu’il s’agit de reprendre une citation ou d’inscrire le titre d’un roman. Mais il peut aussi être employé pour mettre en évidence une idée ou montrer que l’auteur (vous) reprend un terme qui ne lui appartient pas directement. Cependant, lorsque vous parlez du titre d’un poème, d’une nouvelle ou d’une chanson, cela sera entre guillemets.

La nouvelle « Mauvaise donne » de Janua Vera écrite par Jean-Philippe Jaworski, par exemple.

Quelle mise en page pour envoyer son roman aux éditeurs ?

Hors de question d’envoyer une brique sans la moindre mise en page à un éditeur. Vous n’iriez pas en entretien d’embauche en baskets et tenue dépareillée ?

Sachez que je vais vous exposer ici les règles de présentation type. Chaque éditeur a ses préférences, et celles-ci peuvent varier d’une maison d’édition à une autre. C’est à vous de vous renseigner sur les modalités d’envoi. En général, lorsqu’un éditeur a des attentes particulières, elles sont indiquées sur son site. Quand rien n’est mentionné, vous pouvez vous fier au modèle de base.

Évitez les fioritures, pas d’illustrations, de police fantaisie. Partez sur quelque chose de simple, de clair et d’aéré. Ne mettez pas de styles de texte différents, restez sur du Times New Roman en taille 12, c’est une valeur sûre.

N’imprimez qu’au recto. (sauf contre indication). Même si cela est contraignant, cette exigence revient souvent. Dans le cas où votre roman serait trop imposant vous pouvez vous renseigner pour savoir si ce point est obligatoire.

– Mettez des marges larges et des interlignes 1,5 ou 2, pour faciliter la lecture et permettre les annotations.

Numérotez les pages et faites un saut de page à chaque nouveau chapitre.

– Sur la première page de votre texte, indiquez uniquement le titre, vos coordonnées, ainsi que toutes les infos que demanderont les éditeurs.

Sources :

   Forum de Génération Écriture 

Revue.refer.org – fiche typographie

Centre National de Ressources Textuelles 

Cet article a été initialement rédigé pour l’association Génération Écriture, puis mis à jour ici.
Pour toute autre question, n’hésitez pas à laisser un message ou un commentaire

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