Dans l’article précédent, je vous ai parlé de la manière d‘envoyer votre roman à une maison d’édition, voyons maintenant une nouvelle étape. Ça y est, vous vous êtes lancés, votre manuscrit s’est envolé… Mais le refus d’un éditeur dans tout ça ? Comment y faire face ?
Je ne vous parlerai pas du traditionnel pourcentage d’auteurs édités par rapport aux nombres de manuscrits reçus. Pourquoi ? Parce que celui-ci varie de façon drastique d’une maison d’édition à une autre, mais surtout parce que tous les manuscrits ne se valent pas. Un roman bourré de fautes n’aura pas les mêmes chances qu’un manuscrit corrigé.
Néanmoins, même si vous avez mis toutes les chances de votre côté, ne négligez pas la préparation psychologique. Il faut savoir réagir au refus d’un éditeur.

Comment supporter la critique ? Quel crédit doit-on y apporter ?
Je vais tâcher d’y répondre avec mon expérience d’auteur et de stagiaire dans l’édition.

Être lucide sur ce qui vous attend

Au risque de briser le suspens je vous l’annonce : oui, vous recevrez des refus. Qu’ils soient types, par silence, détaillés, secs, encourageants… La première chose à faire est d’en être conscient. Une fois cet état de fait posé, il faut se demander si on est prêt à les supporter à voir son manuscrit rejeté, ses idées remises en questions…

L’éditeur n’est ni un critique littéraire, ni un bêta lecteur. Il n’est pas là pour vous conseiller sur votre livre mais pour vous dire s’il le sélectionne ou pas. Au vu du nombre de romans reçus par année, l’éditeur ne peut pas se permettre de répondre de façon personnalisée à tout le monde.

À titre d’illustration, je reviens un instant sur un exemple personnel, sur les 25 éditeurs contactés pour mon premier roman, deux m’ont dit être intéressés, dix m’ont envoyé un refus type et je n’ai eu que deux retours constructifs et personnalités. Pour les autres, c’était des refus par silence (quand l’éditeur ne donne pas suite).

Il faut s’armer de patience et surtout être convaincu que le projet que vous envoyez à l’instant T est le plus aboutit. La remise en question est importante, mais évitez de brûler votre texte au premier refus d’un éditeur.

Faire preuve de persévérance

Quand on envoie son roman, on est souvent impatient, les délais étant très longs. On en vient même parfois à souhaiter que ce premier refus d’un éditeur arrive, que la machine soit lancée. Mais que se passe-t-il quand il est dans notre boite aux lettres ? Forcément, on est déçu, voire abattu. Mais on se console en se disant qu’il reste d’autres réponses. Et c’est normal de réagir ainsi. Ne perdez pas espoir, ou pire encore, n’arrêtez pas d’écrire. J’ai vu trop de gens tout lâcher parce qu’ils ne parvenaient pas à éditer leur premier roman.
Si le premier « non » est parfois difficile à supporter pour certains, c’est l’accumulation de plusieurs lettres types qui conduit à se démotiver.
La meilleure des choses à faire est de ne pas voir ces lettres comme un mur, mais de persévérer. Continuez d’écrire, commencez un autre projet, allez de l’avant.

Prendre du recul

Les refus que vous recevrez concerneront votre roman, et votre roman uniquement. Il ne s’agit pas d’une attaque envers votre personnalité, vos goûts, votre caractère… J’ai l’air d’enfoncer des portes ouvertes, mais parvenir à faire cette différenciation est crucial. Il y a tout un tas de raisons pour que cela ne marche pas, indépendamment de votre style ou de la qualité de ce que vous écrivez. Des raisons économiques, car oui, l’édition c’est aussi des considérations commerciales, un certain facteur chance ou encore la ligne éditoriale par exemple.
Lorsqu’on envoie son manuscrit, on a souvent des rêves plein la tête et l’espoir que cela marchera. Cet espoir, il faut le conserver, l’entretenir. Mais ne placez l’édition au centre de votre vie, et surtout n’en faites pas l’unique raison pour laquelle vous écrivez.

N’oubliez pas que vous écrivez avant tout pour vous-même. Cela est un plaisir (pour certains une passion) que l’on doit différencier du processus éditorial. Certains auteurs (oui, même les auteurs qui garnissent aujourd’hui les rayons de votre librairie préférée) ont écrit plusieurs romans avant d’en voir un publié. Si le premier ne marche pas, et bien il y en aura un autre !

Savoir se remettre en question après

Une autre façon de réagir intelligemment au refus d’un éditeur, c’est aussi de savoir se remettre en question. Si vous avez la chance d’obtenir un retour personnalisé, prenez en compte les conseils de l’éditeur. Ne vous bornez pas en disant que de toute façon il ne comprend rien à votre roman. Son métier est de travailler avec les livres, il sait ce qu’il dit, et il est souvent plus expérimenté que vous. Ne l’oubliez pas, un livre est fait pour être vendu (oui c’est un peu le principe) l’éditeur aura donc des notions économiques qui vous échappent peut-être.

N’oubliez pas aussi que son avis est aussi subjectif (certains déclarent même choisir au coup de cœur, ce qui est assez logique en soi.) Si un éditeur n’aime pas votre roman, cela ne veut pas dire qu’il est foncièrement mauvais et que tous le mettront de côté.
En revanche, si la même critique revient plusieurs fois, il serait peut-être bon de la prendre en considération.

En conclusion

Demandez-vous toujours pourquoi vous écrivez : Par amour des mots ? Par envie de devenir riche et célèbre ? (si c’est le cas, lancez-vous plutôt dans la télé-réalité…) l’édition ne doit pas agir comme un frein à votre création. Même s’il est difficile de recevoir le refus d’un éditeur, essayez de ne pas faire de la publication une fin en soi. Et rappelez-vous que toutes les maisons d’édition ne se ressemblent pas. Si certaines se cantonnent à des refus types, d’autres éditeurs prennent le temps de lire et de juger de la qualité d’un récit. Inutile de vous démotiver par avance. Continuer de vous améliorer, d’écrire, sans vous démotiver, tout est affaire de persévérance.

Pour en savoir davantage sur les délais éditoriaux, vous pouvez consulter le forum Jeunes Ecrivains 

Si cet article vous a plu ou si vous voulez témoigner sur l’épreuve de l’attente éditoriale, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

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