Dans les précédents articles, je vous avais parlé des étapes indispensables pour envoyer son roman à une maison d’édition. J’avais ensuite abordé la manière de survivre si votre roman est refusé par un éditeur. Mais que faire si vous recevez un contrat d’édition ? Comment être sûr de votre choix avant de signer  ?

Éviter l’édition à tout prix

La signature du contrat d’édition implique un engagement des deux côtés. Vous cédez les droits de votre roman à un éditeur qui s’engage à le faire exister. Inutile de vous dire que cette décision ne se prend pas à la légère. Avec l’expérience, on réalise souvent qu’il vaut mieux garder ses droits plutôt que d’éditer à tout prix. Il n’y a rien de plus frustrant que de signer puis de regretter ensuite.

La joie de votre premier contrat vous donnera sans doute envie de brûler les étapes, de « tenter le coup » malgré les avertissements.

Toutefois, prudence. Si cela se passe mal, les regrets et la démotivation prendront vite le pas sur la fierté et il vous sera alors difficile, voire impossible, de faire machine arrière.

Je tiens à préciser, avant toute chose, que je ne diabolise pas ici les éditeurs. Je suis moi-même passionnée par le milieu de l’édition et je souhaite y travailler. Je considère qu’il est de mon devoir de vous mettre en garde contre des gens mal intentionnés, qui salissent l’image d’éditeurs consciencieux tout en profitant du manque d’expérience des auteurs.

 

Différencier éditions à compte d’éditeurs et compte d’auteur

Oubliez les pourcentages et les idées reçues. Il n’est pas impossible d’être édité. En revanche, il peut être difficile de trouver un BON éditeur. Pour cela, premier point primordial : la différence entre compte d’éditeur et d’auteur.

Partez de ce principe : On ne doit pas payer pour être édité. Jamais. D’ailleurs, c’est plutôt l’inverse, c’est à l’éditeur de payer les droits de votre manuscrit.

Compte d’éditeur : fonctionnement éditorial classique, où l’auteur ne débourse rien. Les frais sont pris en charge par l’éditeur, qu’il s’agisse de la couverture, de la correction, de la mise en page, de l’impression, de la promotion et j’en passe.

Sauf dans le cas de petites structures, l’auteur touche généralement un à-valoir quand il cède ses droits. Enfin, on lui reverse des droits d’auteurs pour chaque livre vendu (et cela, peu importe la maison).

Compte d’auteur : Demande à l’auteur de payer, en plus de fournir les droits du roman bien évidemment. Ne vous attendez pas à quelques centaines d’euros, c’est souvent, mille à cinq mille euros qui sont demandés (rien que ça). Ces services négligent souvent une correction décente et la diffusion y est inexistante. En bref, vous payez (cher) pour une simple impression, sans aucun suivi derrière.

Vous allez me dire : libre aux gens de payer s’ils veulent avoir leur manuscrit en main. Cependant, même dans le cas je ne le conseille pas. Il existe des services d’impressions, en particulier pour l’auto-édition, qui ne pratiquent pas des tarifs abusifs. De plus, ils ont la décence de ne PAS se faire passer pour un éditeur classique.

 

Se renseigner sur la maison

 

Présentée comme cela, la différence entre les deux semble limpide, à condition que la maison d’édition annonce clairement la couleur.

Si le principe du compte d’auteur parait déjà très discutable en soi, certains n’hésitent pas à se faire passer pour du compte d’éditeur. Comment s’y prennent-ils ? Ils n’annoncent pas tout de suite que leur service est payant. Ils vous brossent d’abord dans le sens du poil pour vous amener à vous laisser tenter. Et si votre roman n’a pas trouvé preneur dans l’édition classique, ils se présentent comme votre seule chance.

À cela peut s’ajouter ce que l’on appelle du compte d’éditeur abusif. La maison d’édition demande de payer quelque chose sous forme de précommande ou d’avance, par exemple. Il peut aussi être question d’une maison ne rémunérant son auteur qu’au bout de x livres vendus. Parfois, ces clauses peuvent être discutées et supprimées. C’est à vous d’être vigilant et de vous renseigner avant de signer.

 

Lire et étudier le contrat d’édition

 

Une fois que vous êtes sûr que toutes les propositions reçues sont dignes d’intérêt, il vous faut définir ce que vous attendez de cette publication. Car beaucoup de choses diffèrent d’une maison à l’autre, le prix des droits d’auteurs, la visibilité, l’à-valoir, la présence d’un distributeur/diffuseur… Ainsi, si vous avez reçu plusieurs réponses positives, tâchez de prêter attention à ces points (parmi d’autres) :

. les droits d’auteurs et le montant de l’à-valoir : celui-ci est de plus en plus rare, surtout chez les maisons indépendantes. À vous de voir si son absence est rédhibitoire ou pas. Attention toutefois à ce que les droits d’auteurs (que vous allez toucher sur les ventes de chaque livre) ne soient pas trop bas. Les tarifs classiques pour la vente papier tournent autour de 8 à 10 %. Ils sont plus élevés pour le numérique.

. La présence du distributeur/diffuseur, qui assure d’une part le stockage des livres, mais aussi sa diffusion dans les magasins et les librairies par exemple. Beaucoup de petites maisons n’en disposent pas.

. L’implication de la maison d’édition dans la promotion. Si la maison est jeune, on peut vous demander de mettre la main à la patte, par la création de page sur des réseaux sociaux ou de blogs par exemple. La promotion ne doit pas s’arrêter là, c’est à l’éditeur de défendre votre livre.

. Le type de publication, numérique, papier, ainsi que le nombre de tirages du manuscrit. Toutes ces informations sont normalement indiquées sur le contrat.

. Le temps de cession des droits et les éventuelles clauses d’exclusivités.

 

En conclusion

Ces points ne sont que quelques éléments parmi d’autres qu’il faut prendre en compte selon vos attentes. Ne sautez pas sur le premier contrat venu, prenez le temps de l’étudier, assurez-vous d’en comprendre toutes les clauses, même s’il faut pour cela demander de l’aide à un avocat. Pensez à vous renseigner sur les retours des maisons d’édition, à lire des témoignages, à poser des questions. Le forum Jeunes écrivains » est notamment un bon endroit pour cela et regorge de conseils. Vous l’avez compris, ne foncez pas tête baissée, mieux vaut un bon éditeur que des regrets.

Leave a Reply